La coexistence possible de différentes versions d’une même œuvre numérique sur un même marché peut engendrer pour les détaillants des problèmes réels, en terme d’identification, de validation et de modalité de commercialisation du contenu (date, actualisation, mode de commercialisation, expression des droits, etc.). Actuellement, les textes dématérialisés ne sont identifiés que par l’ISBN de la version papier. Il n’existe donc qu’un seul identifiant pour une même œuvre sous les formats imprimé et numérique. Mais les éditeurs commencent à structurer l’identification de leurs « livres numériques ». Le marché se met donc en marche lentement vers des normes de désignation/description des œuvres numériques et d’échange des données :
- Norme ONIX (norme internationale d’échange de données : champs de description des ouvrages et fourniture des méta-données) pour les bases de données bibliographiques ;
- Norme d’identification (ISBN numérique pour l’œuvre principale, ISBN des versions dérivées, ISBN des chapitres, des articles) ;
- Norme DOI (Identificateurs d’objets numériques qui permettent l’identification de fragments de contenus ou peuvent renvoyer à une référence numérique, telle qu’un catalogue Web décrivant un livre).
La question se pose d’une structure unique qui organiserait et gérerait cette normalisation indispensable. La création d’une seule et unique base de référencement de toutes les versions d’une « œuvre » apparaît aujourd’hui indispensable.
Un gros travail s’opère actuellement au sein d’organismes comme le Book Industry Communication (BIC) au Royaume-Uni et le Book Industry Study Group (BISG) aux États-Unis, en collaboration avec leurs partenaires internationaux EDItEUR, l’Agence Internationale de l’ISBN1 et les fournisseurs de services bibliographiques. Ces organismes travaillent en collaboration étroite par le biais de groupes de travail consultatifs et de groupes de réflexion pour accélérer la conception et l’implémentation des normes. 1http://www.editeur.org : Co-ordinating the development, promotion and implementation of Electronic Commerce in the book and serials sectors. Voir leur document de travail publié le 7 janvier 2008 : http://www.bisg.org/docs/DigitalIdentifiers_07Jan08.pdf
Les normes d’identification sont la clef qui permettra au numérique de réaliser l’entièreté de son potentiel. Pour le moment, cette voie est à peine tracée. La vitesse à laquelle cet avenir se concrétisera pour chacun d’entre nous dépendra de la vitesse à laquelle un accord verra le jour en matière de normes. À cet égard, il est important que les démarches effectuées par ces organismes aboutissent. Même si des difficultés surgiront avec l’émergence de nouveaux modèles d’affaires (business models), nous croyons que les professionnels du livre doivent consacrer beaucoup d’attention à ces discussions et demander aux organismes impliqués d’accélérer leurs travaux. Tout ce qui touche la normalisation doit être traité en priorité et un échéancier doit être fixé. Une fois que des conclusions pourront être tirées, un organisme comme Dilicom pourrait en présenter le contenu lors d’une conférence publique et obtenir ainsi rapidement l’approbation des parties intéressées. Nous proposons, de fait, de suivre les premiers travaux réalisés par les organismes internationaux cités et d’en initier un certain nombre venant en complément. Voici les tâches les plus cruciales que nous avons inventoriées :
Les intervenants internationaux de la chaîne logistique de l’industrie (BIC, BISG et autres) - en collaboration avec les fournisseurs de services bibliographiques et leurs partenaires internationaux - doivent achever leur travail de codification des meilleures pratiques en matière d’utilisation des ISBN et des DOI au sein de la nouvelle chaîne logistique numérique.
- Les groupes en charge de l’ONIX d’EDItEUR doivent résoudre les problèmes en suspens liés à la description de produits à contenu numérique et des livres numériques. Il est important de se concentrer sur le fonctionnement de la norme ONIX au sein d’environnements de plus en plus fragmentés – allant de sections, de chapitres, de paragraphes, d’images, à des cartes et des tableaux.
- Il faut que les autorités compétentes puissent mener des actions expérimentales de mise en œuvre du code international normalisé des textes (ISTC - International Standard Text Code qui est une nouvelle norme sur le point d’être ratifiée internationalement. Ce code permettra l’identification des contenus au niveau de l’ « œuvre » et non plus au niveau du « produit ». Il permettra aux éditeurs, libraires et bibliothécaires de co-localiser automatiquement tous les formats (imprimé et numérique, en version intégrale ou granulaire) sous lesquels un titre particulier de contenu est disponible.
- Suivre la progression du projet ACAP (Automated Content Access Protocol) annoncé lors de la dernière Foire du livre de Franfort et qui a comme objectif d’établir une norme permettant aux éditeurs de fixer des règles d’usage du contenu de leurs publications par les moteurs de recherche.
- Les sociétés de base de données bibliographiques et commerciales (Electre, Dilicom) doivent mettre à niveau leurs services pour incorporer tous les types de livraison d’information sur les contenus numériques aux libraires et aux bibliothèques. Elles doivent construire de nouveaux services basés sur les DOI et ISTC.
- Un travail entièrement nouveau doit commencer en matière de cohérence dans la désignation de fichiers collatéraux de commercialisation (couvertures, widgets ou gadgets logiciels, podcast ou balados) en suivant l’exemple que pourrait offrir un FEL enrichi ou une base commune du type Dilicom + Electre numérique qui intégrerait couvertures et 4e de couverture et qui pourrait orienter vers d’autres fichiers.
Publié par admin le 10 juin 2008
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