Le livre physique est un objet nomade par excellence. Retrouver ce nomadisme sans pénaliser l’acheteur est un défi majeur qui doit être relevé par les industriels de la protection. La pose d’une protection anti-copie semble être admise par la profession, en dehors de certains éditeurs (par exemple, O’Reilly France) qui sont prêts à prendre le risque du piratage autorisé de leurs textes ou d’autres (par exemple, les Éditions de l’Éclat ou Zones) qui proposent en ligne des versions dégradées (sans mise en page) des textes de leurs livres imprimés comme autant de point d’accès viral au contenu de l’ouvrage.
(Cf. les propos de Xavier Cazin, directeur éditorial des Éditions O’Reilly France qui affirme que les DRM sont « inutiles » dans Véronique Heurtematte, « Le e-book pointe son nez dans les BU », Livres Hebdo, 18 avril 2008. Soulignons néanmoins que O’Reilly a décidé d’arrêter ses activités en France…, voir à ce sujet l’information sur le blog "par-delà".)
Les Digital Rights Management (DRM) permettent d’exprimer précisément des droits attachés au contenu numérique. Ces services de gestion des DRM sont très coûteux et sont pris en charge par les diffuseurs ou agrégateurs (coût de licence, gestion, développement). Les DRM peuvent être durs (liant le fichier à un nombre déterminé de machines) ou souples (un marquage du nom de l’acheteur, par exemple). Les solutions de DRM sont donc multiples et relativement contraignantes pour le consommateur (DRM Adobe, DRM MobiPocket, etc.). Il n’existe donc pas de DRM normalisé. Il nous semble important qu’une solution mutuelle puisse émerger du côté des éditeurs français. Le SNE pourrait être l’organe légitime pour proposer un éventail de DRM à apposer sur les fichiers allant de la protection la plus simple à la plus sophistiquée.
Les DRM devraient être distinctes du format de lecture des fichiers (le modèle MobiPocket ne semble pas judicieux à cet égard). Pour rester cohérent avec le prix, le e-distributeur (dont l'éditeur ou son mandant) devrait poser la DRM et en assumer le coût. Cela lui permettrait d'en gérer les usages et de ne pas voir, par exemple, des ventes au chapitre qu'il n'aurait pas souhaité…
La Commission des Nouvelles Technologies de la Communication pourrait être un bon relais d’informations et de décisions.
Publié par admin le 10 juin 2008
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