L'attraction des outils d’affiliation et des modèles commerciaux
L’utilisation des sites Web de livres comme base de donnée bibliographique modifie en profondeur l’appropriation des sites par les internautes. La qualité des contenus proposés (bases de données enrichies, sélections personnalisées, widgets d’achat en ligne) dessine de nouveaux modèles commerciaux et donne aux réseaux sociaux une importance considérable dans le processus de prescription et de vente de livres. En effet, les bases de données sur Internet servent généralement de pierre angulaire à la promotion des ouvrages et aux transactions en ligne (via les sites et les blogs). Aux yeux des usagers, la première base de données de livres exhaustive en France est celle… d’Amazon ! Une base de données reconnue est un atout majeur de fréquentation d’un site de libraire.
Cette base de données est proposée comme un service récurrent et performant : en effet, Amazon expose une partie de son système d'information en fournissant des services Web interfaçables sur les sites tiers comme l'accès à son catalogue. Elle permet aux internautes d'utiliser une base de données du livre importante et organise ainsi une diffusion virale de sa marque.
Amazon, en offrant un usage, a initié un besoin poussant par-là d’autres acteurs à suivre cette voie : celle de la libre mise à disposition de fiches bibliographiques pour des tiers. Qui plus est, pour ces librairies en ligne, la base de données est largement confondue avec le stock par l’internaute et la disponibilité des ouvrages devient un véritable enjeu marketing… Ces bases créent de facto une situation de dépendance (voire de monopole) à l’égard de ces entreprises au fort potentiel technologique et commercial. Toutefois, seules de puissantes entreprises peuvent bâtir leur stratégie sur de tels modèles d’attraction.
Pour la librairie traditionnelle dont les moyens demeurent relatifs, l’acquisition d’une base de données riche, fiable et ergonomique devient impérative et constitue de ce fait une barrière à l’entrée technologique et financière sur le marché de la vente en ligne de livres. Les réponses à ce défi sont donc nécessairement collectives. Seule une mutualisation importante des moyens peut permettre à ces mêmes acteurs de promouvoir leurs pratiques dans le respect de leur savoir-faire et de leur diversité :
Mutualisation économique et financière pour accéder à la technologie, à l’expertise via une plate-forme interprofessionnelle telle que le Portail souhaité par le SLF qui ne ferait pas reposer la charge de l’innovation sur la seule profession des libraires, des Web services mutualisés entre éditeurs, etc.
Mutualisation interprofessionnelle pour défendre des standards de services/outils via les bases de données existantes (Electre et Dilicom) en concertation avec les partenaires de la chaîne, SSII incluses.
La place croissante prises par les bases de données dans la commercialisation du livre met en évidence la nécessité pour l’interprofession de faire bénéficier la librairie traditionnelle de l’impact technique et économique lié au développement de ces outils en engageant les initiatives suivantes :
Enrichir les données descriptives des ouvrages car les besoins en informations commerciales sur les titres vont croissants. Tous les libraires doivent disposer du même niveau d’enrichissement d’informations que l’ensemble des opérateurs commerciaux en ligne.
Renforcer le rôle de certification et gestionnaire de l’authentification des sources commerciales. Veiller à la correction permanente et à la mise à jour des informations (couverture, date, prix, descriptifs produits ou contenus, etc.) afin d’assurer un niveau de qualité unifié entre les différents libraires en ligne (Amazon, La Fnac, les sites de librairies, etc.).
Concevoir une base de données bibliographiques et commerciales( du type version augmentée du FEL s’appuyant sur une base numérique mixte Electre/Dilicom) avec accessibilité complète pour la librairie à des coûts interprofessionnels et une accessibilité libre pour les internautes par le biais des sites de libraires.
Normaliser les conditions générales de vente pour le commerce en ligne entre les acteurs de l’interprofession et s’assurer que, comme dans le monde de la librairie physique, les libraires indépendants soient traités aussi équitablement que la Fnac ou Amazon et ceci afin de respecter la concurrence loyale.
Aider à la création de clubs d'utilisateurs de gestion de librairie par les SSII. Ces clubs pouvant être les lieux de discussion sur les besoins des libraires quant à l'ouverture de leurs progiciels de gestion avec une interactivité sur le Web (Portail, site en marque blanche, etc.).
Éviter le renversement du rapport de force entre l’amont et l’aval de la chaîne du livre par un acteur monopolistique ne respectant pas les modes de régulation du commerce du livre (ex : Amazon imposant 55% de remise aux éditeurs dans son contrat « avantages », ventes à perte...
Publié par admin le 9 juin 2008
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