Beaucoup souhaitent connaître les chiffres que représente le numérique en France : taille du marché, chiffre d’affaires réalisé cette année, nombre de contenus disponibles, de lecteurs électroniques vendus (appelés readers, liseuses ou livrels), de revendeurs déclarés, etc. Mais ce marché (notamment dans les secteurs généralistes) étant encore balbutiant, les chiffres ne sont pas disponibles pour servir d’indication significative pour l’avenir. On peut tout de même citer des exemples qui peuvent nous aider à mieux nous évoquer la situation.
Ainsi, l’exemple de la Société Bookeen. Celle-ci aurait écoulé en 2007, en trois mois, plus de cybooks qu'en cinq années d'activité. Elle attendait une livraison de 10.000 nouveaux modèles pour répondre à la demande. Cette situation semble être celle que rencontre la plupart des concepteurs de lecteurs électroniques. Au niveau des contenus numériques, Jérôme Archambeaud, administrateur de la société Feedbooks affirme qu’il écoule ainsi déjà plus de 100.000 e-books chaque mois et estime qu’un million de lecteurs électroniques pourraient être vendus en 2008 à travers le monde. Par ailleurs, Numilog propose déjà un catalogue de 18.000 titres français disponibles en téléchargement.
On peut citer également le cas du libraire-éditeur Lavoisier. Son site Internet propose 1,5 millions de références bibliographiques et reçoit, chaque mois, la visite de 500 à 600.000 visiteurs « uniques ». Lavoisier réalise ainsi plus de la moitié de son chiffre d’affaires par la vente de revues scientifiques grâce à son agence d’abonnement en ligne (à savoir 17M d’€). On peut encore s’appuyer sur l’expérience des États-Unis qui permet d’avoir une vision plus ou moins réelle du poids du numérique là-bas : celui-ci représente 1% du marché du livre américain. À terme, ce chiffre devrait représenter 2% du marché global. Mais, aux États-Unis, c’est un peu aussi le « Far-West » : les versions numériques des ouvrages sont généralement vendues à 9,99 $ quel que soit leur prix sous forme imprimée.
La question des chiffres du numérique reste cependant entière. On peut ainsi se demander quelle taille aura ce marché dans les dix prochaines années et ne pas parvenir à y répondre vraiment : celui-ci peut se déployer rapidement mais sans que l’on sache exactement quand. Ainsi, il est certain que des sociétés qui souhaitent se lancer dans la numérisation éprouveront des difficultés à justifier des investissements nécessaires. Pourtant, certains exemples font réfléchir : le pure player HDS Digital (Lagardère Services) qui a ouvert sa plate-forme de téléchargement de périodiques de presse il y a 18 mois touche déjà 150.000 clients (avec 30% de progression depuis un an).
Les chiffres du Forum international des Éditeurs numériques (IDPF : The International Digital Publishers Forum) sur les activités éditoriales des anglo-saxons suggèrent clairement qu’il faut d’ores et déjà se préparer à la numérisation mais, surtout, à la commercialisation des contenus numériques. Il existe en effet un véritable potentiel de lecteurs attirés par le numérique, à commencer par les étudiants. L’étude menée par le consortium Couperin et le Ministère de la Recherche et de l’Enseignement supérieur montre ainsi que 73% d’entre eux sont satisfaits de la lecture numérique malgré la faiblesse de l’offre et les contraintes techniques plus ou moins lourdes.(L'étude au format PDF)
En fait, la numérisation doit être investie avec un risque commercial contrôlé, c’est-à-dire doit représenter une opportunité entrepreneuriale possible, mais pas certaine. Evidemment, HDS Digital appartient à un grand groupe, ce qui l’a aidé à se lancer mais nous pensons que c’est cette philosophie que les professionnels de la librairie et de l’édition traditionnelles doivent adopter pour le commerce du livre s’ils veulent tirer parti des opportunités offertes par la numérisation.
Publié par admin le 8 juin 2008
Tags: Non classé


Commenter des paragraphes spécifiques :
Cliquez sur l'icône
à droite du paragraphe
Commentaires sur la page entière :
Cliquez sur l'ocône
à droite du tutre de la page (fonctionnement identique aux commentaires des paragraphes)